Editorial“La modernisation et l’extension
de leur système d’information
constituent un projet majeur
pour les établissements de santé.”
Comme nous le soulignions dans notre édition précédente, la modernisation et l’extension de leur système d’information constituent un projet majeur pour les établissements de santé.
Le Contrat de Bon Usage du Médicament, Produits et Prestations induit de surcroît, un enjeu économique qui renforce encore cette affirmation.

Dans ce numéro, nous avons choisi de donner la parole à la
Clinique du Parc à Périgueux, qui s’est préparée de longue date à faire face à cette importante évolution, en répondant à deux appels à projet Hôpital 2007 de l’ARH Aquitaine : le dossier médical informatisé et la dispensation nominative.
Clinique du Parc à PérigueuxLancés fin 2005, ces deux projets, aujourd’hui totalement aboutis, ont permis à l’établissement de faire d’OSoft et TCO, les outils de référence de la prise en charge du patient.
Nous avons choisi de donner la parole au Pharmacien de l’établissement, Madame le Docteur Patricia Cipierre, dont le rôle a naturellement été central dans l’informatisation du circuit du médicament.
Interview de Patricia Cipierre(médecin pharmacienne)
Madame Cipierre, pouvez-vous nous dire quelques mots
de la Clinique du Parc de Périgueux ? La Clinique du Parc est un établissement MCO de 54 lits et postes. Avec une équipe de vingt praticiens, elle accueille chaque année près de 8 000 patients.
En tant que pharmacien de la Clinique du Parc, vous avez naturellement un rôle central dans le projet de dispensation nominative du médicament, comment avez-vous été impliquée dans ce projet ?
“Si le rôle du pharmacien est central,
celui des praticiens est capital.”
Dans la phase d’étude d’abord, j’ai travaillé avec la Direction et l’ensemble des praticiens à la sélection de nos outils actuels. Quelques uns de nos chirurgiens étaient déjà utilisateurs d’OSoft. Les autres ont naturellement suivi.
Si le rôle du pharmacien est central, celui des praticiens est capital. Sans implication des médecins, il n’y a pas de prescriptions et donc pas de circuit du médicament, quelle que soit la qualité du progiciel retenu.
Dans la phase de lancement du projet, avec le concours de MédiBase, nous avons eu plusieurs séances de travail dédiées aux praticiens. Livret thérapeutique, aides à la prescription, protocoles, nous nous sommes attachés à balayer l’ensemble de leurs préoccupations.
Les anesthésistes, ont rapidement manifesté leur adhésion au projet, organisé en deux temps : d’abord, leur dossier d’anesthésie, puis enregistrement des prescriptions liées à l’hospitalisation dans le dossier patient.
Comment travaillez-vous aujourd’hui ?Dès qu’une prescription est enregistrée par un praticien, elle est visible sur mon écran. Je peux la consulter de manière détaillée, la situer dans l’ensemble du traitement du patient, consulter les résultats de biologie (bien utile pour l’antibiothérapie), rechercher les éventuelles contre-indications ou interactions médicamenteuses, émettre un avis pharmaceutique et enfin valider la prescription.
Des outils sont disponibles pour organiser le travail en série : ordonnance patient, prescriptions en anomalie, sélection de médicaments…
Et bientôt, en quelques clics, je pourrai préparer, sur la période de mon choix, la Dispensation Nominative ou Reglobalisée, ce qui facilitera largement la réalisation du plan de cueillette.
Pouvez-vous nous donner les repères chronologiques du déroulement de votre projet ?“Depuis début 2008,
le dossier patient informatisé
est notre outil de référence...”En septembre 2006, nous avons implanté TCO, le dossier de soins de MédiBase, ce qui a permis à tout le personnel soignant de se familiariser avec l’utilisation de l’informatique.
En avril 2007, les anesthésistes ont informatisé leur dossier d’anesthésie et dès octobre, nous avons lancé la prescription informatisée.
Depuis début 2008, le dossier patient informatisé est notre outil de référence... au travers duquel nous avons enregistré et validé près de 150 000 prescriptions.
A chaque étape, nous avons fait avec MédiBase, un plan de déploiement et un bilan des actions réalisées.
Des projets à venir ?Début 2009, nous avons implanté la partie Bloc opératoire qui nous permettra d’assurer la traçabilité des DMI, qui constitue un autre volet du CBUM. Et puis naturellement, consolider ce que nous avons déjà commencé à mettre en œuvre, qui se révèle, au quotidien, un excellent point d’appui.
En synthèse, beaucoup d’efforts mais un résultat satisfaisant ?Pour ne parler qu’en mon nom, je dirais que jamais je n’ai accompli ma mission de pharmacien hospitalier dans d’aussi bonnes conditions.